VIE LIBRE - Val d'Oise - 95
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L’alcoolisme est une maladie dont on ne connaît pas les causes. Pourquoi certaines personnes se réfugient dans l’alcool et pourquoi pas d’autres ?
Certains font état de problèmes qui font qu’ils se sont mis à la boisson, des motifs psychologiques, les soucis, la solitude, la mésentente, le chômage, le stress au travail. Ce ne sont souvent pas des motifs réels mais la conséquence des abus d’alcool. Tous les humains subissent des épreuves de la vie (divorce, accident, décès, licenciement) mais ne réagissent pas de la même façon.
Certains apprécient les boissons alcoolisées et les consomment avec modération et ne seront jamais dépendants du produit. Ils apprécient tel vin avec tel plat. Avant, pendant, à la fin du repas, ils boivent tel ou tel alcool comme un apéritif, du vin, du champagne, un verre de chaque.
L’alcoolique boit n’importe quoi, n’importe quand, pourvu qu’il boive. L’alcool le rassure .Au début il boit par plaisir ce qu’il préfère, puis après selon son budget, et après tout ce qui lui tombe sous la main. L’alcool est parfois plus puissant que l’amour des enfants. Il boit pour remplir un vide, pour ne pas souffrir du manque.
Le malade alcoolique est pressé de se retrouver dès que possible dans un état dans lequel il ne se sent pas concerné par le monde extérieur, dans un état où il est le seul.
Quand on est arrivé à la dépendance, aucun traitement ne permettra plus le plaisir de boire ou de partager un verre d’alcool entre amis. C’est fini.
La guérison ne peut être que l’abstinence totale et définitive
L’alcool, installé au centre de toutes réalités, est devenu un besoin permanent, une substance nécessaire.
La personne dépendante a la crainte du manque ce qui l’oblige à faire ses réserves pou la nuit, le lendemain. Sa volonté est mobilisée tout entière. Il passe du temps à réfléchir comment il va se procurer son produit. A partir des boissons consommées, des doses journalières, du prix, on s’aperçoit que les sommes mises en jeu sont loin d’être négligeables. Le malade alcoolique a besoin d’une somme considérable quotidiennement. Contrairement aux toxicomanes, il peut acheter à crédit sa drogue alcool chez le commerçant du quartier qui le connaît. Parfois il a recours au porte monnaie du conjoint, la tirelire des enfants, au resquillage du ticket de transport pour pouvoir boire.
Demander à un malade alcoolique combien il dépense par jour pour son alcool. il sera surpris de la question. Il vous répondra qu’il boit une bouteille de whisky ou de pastis par jour, mais il ne vous dira jamais, je dépense 15 euros par jour pour mon alcool.
Le coût de l’alcool n’est pas un argument de motivation pour aller en soins. Après les soins, ce budget pourra servir de facteur de motivation, se faire des petits plaisirs et à régler les dettes qui ne s’effacent pas malheureusement, ces fameuses ardoises…..
Le malade obéit à son corps qui réclame. Les bistrots sont nombreux, il suffit d’y passer le plus souvent possible, le plus tard possible, le plus longtemps possible.
Il ne vit pas à la même horloge que les autres, ses activités ne se déroulent pas dans les mêmes cycles. L’argent est une priorité relative. Là surviendront d’autres problèmes
On croise au bistrot des personnes qui viennent rencontrer des copains, faire une coupure entre le travail et la maison, faire une partie de cartes, un tiercé. Le malade alcoolique vient pour boire , il n’a pas d’alibi, car il ne partage pas le verre ou la carafe, il boit souvent seul face à son verre, perdu dans ses pensées, ne voyant même pas les autres à côté de lui. Le bistrot ferme, la maison l’attend où l’obsession de boire est la même.
Comment faire pour assurer sa provision jusqu’au lendemain et consommer à la maison devant la télé ou ailleurs, selon la cachette car certains dissimulent les bouteilles, au garage, dans le coffre de la voiture, derrière le tas de bois pour les hommes, dans les armoires, le baril à lessive, sous le lit pour les femmes, et bien d’autres aux quelles on ne pense pas, l’imagination est vraiment très fertile.
Parfois l’entourage participe à l’alcoolisation, c’est le cas de l’épouse qui pense gérer la consommation du mari en lui achetant ses bouteilles pour éviter ses colères, sa brutalité.
Les conséquences de l’abus d’alcool affectent le buveur, l’entourage et la société. Elles entraînent des problèmes au niveau :
Le coût de l’alcool comprend :
1°) le coût pour l’industrie, les entreprises
2°) le coût pour les services de santé :
3°) le coût pour la famille :
L’alcool représente entre 25 et 50 % du budget familial selon le produit consommé er si la personne vit seule ou en couple. Les hommes achètent leur alcool deux fois plus cher que les femmes du fait de leur consommation souvent au café
Quand les ressources diminuent (chômage, maladie…) les consommations seront prises à domicile, ce qui accentue la désociabilisation. On changera de produit pourvu que l’on boive, après le whisky ou le pastis, ce sera le vin, la bière pour combler ce vide, calmer les angoisses
Le calcul est simple, le prix de la bouteille x 30 jours c’est 10 ou 15 € par jour soit 300 à 450 euros par mois. Au début c’est 50 euros puis 100 et ainsi de suite, cela augmente avec la dépendance.
De ce fait, on ne paie pas un mois de loyer, puis deux et cela jusqu’au risque d’expulsion. Les notes d’EDF, de téléphone s’accumulent jusqu’à la coupure. Il est difficile d’expliquer ce qui se passe, car la conjointe a honte de dévoiler le problème auquel elle est confrontée
La famille ressent le manque de nourriture ou qui ne varie pas faute de moyens toujours des pates, du riz, pas de viande, toujours du poulet ou de la dinde. On ne peut pas changer de vêtements, les enfants portent ce qu’on leur donne. C’est la honte, ils sont repérés, c’est le fils d’untel, l’alcoolo. Pas de vacances, pas de loisirs, les enfants sont rejetés par les autres, mis à l’écart/
Avec les absences répétées, les arrêts maladie, plus l’alcool, le salaire est sérieusement amputé
Malheureusement, l’épicier du coin fait crédit pour l’alcool, la paie sera entamée avant d’être versée. Il y a des ardoises dans plusieurs magasins car les grandes surfaces ne font pas crédit.
Parfois, il y a des scènes violentes , de la vaisselle, des meubles cassés.
Souvent à l’alcool se rajoute le tabac ce qui grève encore le budget un peu plus ou bien des médicaments antidépresseurs et autres que l’on ne prend pas avec l’alcool
Certains connaissent une compagne ou un compagnon en soins, ils rechutent ensemble, et plus bas. Les problèmes sont multipliés par deux ce qui n’arrangent pas les choses.
Vous dépensez plus que vous avez, mais vous devrez payer tôt ou tard, mais comment ?
Certains font des crédits revolving à des taux très élevés, faciles avec la carte vous avez toujours de l’argent disponible. Vous avez fait un dossier à une époque, il n’est jamais réactualiser, situation de famille, salaire. Mieux on vous augmente votre plafond de crédit, mais gare au réveil…. Vous remboursez deux fois et plus la somme empruntée vu le temps de prêt et le taux
Il vaut mieux voir les organismes débiteurs, les huissiers, les rencontrer afin d’établir des échéanciers même avec des petites sommes, selon vos moyens et s’y tenir
Maintenant des organismes financiers comme Cofidis, Médiatis, vous rachètent tous vos crédits afin d’en faire plus qu’un seul, donc un seul taux mais pendant plus longtemps
Malgré cela, il faut prendre contact avec l’assistante sociale, il faut établir un dossier de surendettement à la Banque de France qui renégociera les crédits afin d’avoir des échéances bien moins élevées, annulera certaines dettes.
Une fois soigné, il faudra des années pour résorber les dettes afin de partir sur des bases solides.
Essayer de calculer le coût de votre alcoolisation durant votre vie, vous serez effarés des résultats. Cela correspond aux remboursements des traites d’un appartement ou d’une villa
Soigné, on retrouve la vie de famille, les loisirs, l’envie de voyager, qu’on avait plus avec l’alcool.
L’alcool est cause de 25 % des divorces
Le conjoint du malade alcoolique passe par des états d’anxiété, d’insomnie, de tension, de dépression et éprouve parfois un sentiment de culpabilité
Les malades attendent trop de l’extérieur, on est là pour les aider à se soigner. Il faut qu’il soit déterminé à faire une rupture avec l’alcool
Il faut accepter de vivre avec ses failles et se prendre en charge, se manifester auprès des organismes, tout ne se fait pas tout seul, il faut y mettre du sien et avec un petit coup de pouce des associations, de l’assistance sociale, on y arrive, mais il faut le vouloir.